RETRECISSEMENT DE L'URETRE
Cours

Physiopathologie et étiologies

Il existe 4 types étiologiques de sténoses de l'urètre : congénitales, iatrogènes, post-traumatiques, et post-infectieuses.

Mécanisme des sténoses

Quelle que la cause, la physiopathologie reste la même.

  • La lésion initiale est une rupture de la continuité urétrale en rapport avec une abrasion, une ulcération, une perforation, ou une dilacération de tout ou une partie de la paroi.

  • La cicatrisation, considérablement favorisée par une dérivation des urines vésicales, est obtenue par épithélialisation de la blessure urétrale.

  • En l'absence de dérivation urinaire, la plaie urétrale reste «agressée» par le flux urinaire. Le tissu péri-urétral est irrité, ce qui entraîne une fibrose autour de laquelle le calibre de la lumière urétrale diminue au fur et à mesure que l'épithélialisation couvre la blessure.  La fibrose, en particulier sur la paroi antérieure, peut être si intense qu'elle peut s'organiser à distance de la blessure initiale, réalisant parfois des sténoses moniliformes d'une grande longueur (en particulier en cas de sténose post-infectieuse).

Etiologies

Sténoses congénitales

  • Elles sont rares.

  • Il s'agit d'une perméabilisation incomplète de la membrane uro-génitale.

  • Leur localisation est toujours située à la jonction de l'urètre membraneux (d'origine endodermique) et de l'urètre bulbaire (d'origine ectodermique)

  • Il existe aussi des sténoses méatiques congénitales

  • Elle sont souvent bien tolérées et peuvent se manifester tardivement à l'âge adulte.

Sténoses iatrogènes

  • Elles représentent la cause la plus fréquente actuellement.

  • Elles sont secondaires à une éraillure de la muqueuse au cours d'une manœuvre instrumentale (après sondage urétral ou geste endoscopique).

  • Ces sténoses peuvent intéresser n'importe quel segment de l'urètre mais surviennent surtout au niveau des zones les plus étroites ou fixes (méat urétral, fosse naviculaire, cul de sac bulbaire).

  • Les mécanismes impliqués sont la fosse route, la nécrose par pression de contact, ou l'urétrite méconnue sur sonde entraînant une cicatrice sténosante.

Sténoses post-traumatiques

  • Elles succèdent habituellement aux ruptures de l'urètre. Certaines ruptures partielles peuvent passer inaperçues et se manifester seulement par le rétrécissement ultérieur.

  • Selon le mécanisme du traumatisme, la localisation sera membraneuse ou bulbaire.

  • Il faut insister à nouveau de ne jamais sonder un malade ayant un traumatisme ou une suspicion de traumatisme du bassin avant d'avoir éliminer une rupture de l'urètre.

  • Quelques cas particuliers sont mis à part comme la rupture de l'urètre antérieur associée à une fracture de verge ou les traumatismes intra-urétraux volontaires lors de conduites sexuelles déviantes, ou de pathologies psychiatriques.

Sténoses post-infectieuses : (ou inflammatoires)

  • Survenant rarement après une urétrite banale, le rétrécissement inflammatoire a une cause essentielle : la blennorragie. En effet, la sténose de l'urètre représente la complication classique des urétrites gonococciques non ou mal traitées et peuvent survenir plusieurs années après l'épisode infectieux.

  • La sténose est le plus souvent longue, intéressant la lumière du canal et tout le tissu péri-urétral en rapport avec l'infection et l'inflammation des glandes péri-urétrales.

  • Les sténoses inflammatoires sont devenues aujourd'hui beaucoup moins fréquentes grâce au traitement adéquat et rapide des urétrites.

  • Les rétrécissements inflammatoires d'origine tuberculeuse sont très rares.

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