LES CONTUSIONS DU REIN
Cours

Anatomo-pathologie : Classification des traumatismes fermés du rein

Le développement de l'imagerie médicale a permis une meilleure connaissance des lésions anatomocliniques du rein post-traumatiques. Plusieurs classifications ont été proposées, certaines purement anatomiques, d'autres selon la gravité des lésions.

1. Classification anatomique pure

Cette classification a un intérêt uniquement descriptif. Elle ne peut préciser ni la gravité du traumatisme ni la thérapeutique à lui proposer. Sur le plan anatomique, on distingue 3 types de lésions différentes :

  • Les atteintes du parenchyme rénal et de sa capsule, regroupant les contusions, les fissures avec ou sans rupture capsulaire, et les fractures, voire l'éclatement des fragments parenchymateux.

  • Les atteintes des voies excrétrices : rupture des tiges calicielles ou du bassinet, particulièrement au niveau de la jonction pyélo-urétérale, ou rarement de l'uretère.

  • Les atteintes vasculaires artérielles ou veineuses : incomplètes (hématome sous-intimal, déchirure adventicielle) ou rupture complète.

2. Classification anatomo-radio-clinique (CHATELAIN)

Cette classification, schématisée par CHATELAIN, est plus précise et se base sur un ensemble de données cliniques et radiologiques (uro-TDM ++). Elle distingue 4 stades de traumatisme fermé du rein de gravité croissante :

  • Stade I :

    Il correspond aux Lésions qui respectent la capsule rénale. Elles sont généralement bénignes. On y distingue 3 sous-groupes :

    • Ia : le parenchyme est fissuré et la voie excrétrice est ouverte, mais la capsule est respectée. L'uro-hématome reste intra-capsulaire et l'hématurie macroscopique est constante.

    • Ib : le parenchyme est fissuré mais la voie excrétrice est intacte. Il existe seulement un hématome pur sous-capsulaire et l'hématurie est absente ou plus souvent microscopique.

    • Ic : contusion rénale simple sans fissuration parenchymateuse ni capsulaire, simple hématome intra-rénal.

  • Stade II :

    La capsule rénale est rompue. On décrit deux sous-groupes :

    • IIa : la fissure parenchymateuse est associée à une ouverture de la voie excrétrice. Toutefois, les fragments rénaux ne sont pas séparés, avec conservation de la silhouette rénale. L'urohématome rétro-péritonéal est constant.

    • IIb : l'effraction capsulaire et la fissure parenchymateuse ne sont pas associées à une ouverture des voies excrétrices. L'hématome est pur et intéresse la loge rénale et le rétro péritoine. Ces lésions sont plus rares que celles du stade IIa.

  • Stade III :

    Fracture complexe avec déchirement ou éclatement parenchymateux associé à une ouverture de la voie excrétrice (urohématome). Les lésions vasculaires avec des zones ischémiques parenchymateuses sont fréquentes (Fig. 6). Il existe une déformation de la silhouette rénale globale. Ces lésions sont généralement considérées comme graves.

  • Stade IV :

    Il regroupe les lésions du pédicule rénal.

    • Les lésions artérielles sont les plus fréquentes (70 % des cas). On décrit 2 sortes de ruptures :

      • La rupture artérielle complète : responsable d'une ischémie rénale chaude et grave, qui aboutit généralement à une nécrose rapide associée à une hémorragie souvent importante

      • La rupture artérielle incomplète est plus fréquente. La lésion intéresse principalement l'intima. Rupture transversale avec thrombose extensive (ischémie ++)

    • Les lésions veineuses isolées sont moins fréquentes (20 %), et sont responsables d'hémorragie souvent massive

    • Enfin, 10 % des lésions intéressent la totalité du pédicule

Figure1 : classification de Chatelain (stades I-III)
Figure1 : classification de Chatelain (stades I-III)
Figure2 : classification de Chatelain (stade IV)
Figure2 : classification de Chatelain (stade IV)
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